Dépendance affective : une pathologie du lien

Qu’est-ce que la dépendance affective ?

Que veulent vraiment dire ces deux mots que l’on retrouve de partout en ce moment ?

Pour mieux comprendre ce qui se cache derrière ce concept, explorons à travers cet article de quoi il retourne vraiment.

Ce qu’on appelle « dépendance affective » correspond en fait à une pathologie du lien affectif. Comme toute forme d’addiction la dépendance affective peut être considérée comme une pathologie. D’ailleurs très souvent les personnes atteintes de dépendance affective ont également d’autres formes d’addiction comme par exemple à des substances biochimiques (tabac, alcool, antidépresseurs, somnifères, etc.) à des comportements (jeux vidéo, jeux d’argent, séduction,travail, sexe, etc.) à de la spiritualité (fuite du corps, méditation excessive, prière permanente pour s’en remettre à une divinité, etc.)

une personne dépendante cherche à combler des manques de façon automatique et systématique. Elle va utiliser les mêmes stratégies à chaque fois qu’elle va ressentir le manque en question.

Cette stratégie devient la réponse évidente et permanente. La relation qui existe entre une personne dépendante et le sujet de son addiction est un lien qui est extrêmement fort car il représente une notion de survie pour l’individu. Si vous cherchez à soustraire à une personne dépendante au sujet de son addiction vous allez vous opposer à des réactions démesurées, incontrôlées, anormales, violentes et parfois même totalement incompréhensible.

Les centres de traitement de la dépendance sous toutes ses formes proposent très souvent dans les premiers temps une période de sevrage. Ce sevrage aussi bénéfique soit-il à long terme, est une véritable épreuve à court terme, et il est absolument nécessaire d’être accompagné par des personnes averties et compétentes durant cette période.

Il existe cependant certaines formes d’addiction ou le sevrage est très difficile, voire quasi impossible. Lorsque l’on est dépendant aux écrans vidéo par exemple ( à moins d’aller vivre au fin fond de la jungle) dans nos sociétés occidentales ces derniers sont quasi omniprésents. De même, lorsque l’on a une dépendance à la relation à l’autre, il est très difficile de s’isoler de tout entourage car on est en permanence en contact avec d’autres personnes.

Qu’est-ce qu’une dépendance ?

Bien souvent les gens qui se rendent compte qu’ils sont dépendants de quelque chose se sentent coupables de cette dépendance. Comme si c’était une tare. Or ce n’est pas la dépendance qui est problématique, car elle est l’expression d’un besoin, et on a tous des besoins, c’est bien la manière de répondre à ce besoin qui pose souvent un problème.

Par exemple, si je vous dis que vous êtes dépendant à l’air pour respirer, c’est un fait établi et personne ne le conteste. Cela ne vous donne pas la sensation d’être quelqu’un de malade, ou porteur d’un défaut majeur, cela vous apparaît comme quelque chose de tout à fait normal.

Nous sommes tous dépendants affectifs. Nous avons tous besoin des relations sociales. La dépendance affective n’est pas un problème, elle le devient lorsqu’elle est excessive, et dans cet excès on peut détecter une forme de pathologie.

Si on observe tout individu sur terre, il a forcément des relations sociales autour de lui : des parents, une famille, des amis, des connaissances, etc. Chaque individu sur terre est relié à d’autres par des liens affectifs, c’est ce que l’on appelle communément un réseau de connaissances. Et c’est bien parce que c’est comment à tout le monde que les réseaux sociaux connaissent un tel succès.

Encore une fois ce n’est pas la dépendance qui pose un problème mais c’est le déséquilibre qu’il peut y avoir entre l’importance que l’on donne aux liens à l’autre, vis-à-vis de son propre équilibre à soi.

Une dépendance est l’expression d’un besoin, tout besoin est légitime et normal, cependant il est nécessaire de faire la distinction entre un besoin et une envie pour pouvoir faire le tri de ces comportements et bien se rendre compte de ce qui est une priorité majeure.

L’addiction devient véritablement pathologique lorsque elle inverse l’ordre des priorités des besoins fondamentaux d’un être humain. À ce moment-là, elle menace son équilibre personnel, sa santé, son développement, bref son existence même !

Sur le plan physique l’ordre des priorités est facile à déterminer, il suffit de regarder le temps où l’on peut survivre sans avoir la ressource qui correspond aux besoins en question. Par exemple, pour un individu “moyen”, on peut pas survivre plus de trois minutes sans respirer, plus de 72 heures sans dormir, plus d’une semaine sans boire, et plus de trois mois sans manger.

Respecter ses besoins est le garant de sa survie. Si un autre besoin devient prioritaire, de façon systématique, par rapport à ceux énoncés ci-dessus, alors vous mettez en danger, il y a inversion des besoins fondamentaux, il y a donc une pathologie d’addiction.

Qu’est-ce que la pathologie du lien ?

C’est lorsque l’on donne plus d’importance à la relation que l’on a avec l’autre canaux besoins fondamentaux.

Si jamais l’absence d’une personne dans votre vie vous empêche de dormir, vous pousse à ne plus vous alimenter, vous met dans un état respiratoire compulsif alors vous êtes dans une pathologie du lien plus ou moins grave selon les cas bien évidemment.

De même on peut observer une pathologie du lien lorsque à la suite d’une rupture, la personne augmente son degré d’addiction dans d’autres domaines comme par exemple la cigarette, l’alcool, les antidépresseurs, le travail, le sport, etc.

L’autre devient comme une drogue apaisante et rassurante. On est en manque lorsqu’il n’est pas là. L’autre incarne celui qui réglera toutes nos affaires d’enfance, toutes nos peurs, toutes nos angoisses. Il ne représente plus l’être aimé pour qui il est, mais l’oxygène dont on a besoin pour vivre. C’est-à-dire qu’il s’est substitué aux besoins fondamentaux de l’individu.

La pathologie du lien peut s’observer à travers une préoccupation excessive des autres, un amour exclusif, possessif, exigeant, maladif, et au final complètement destructeur. Ce qui nous en conviendront tous n’est, à ce niveau là, plus vraiment de “l’amour”.

On peut également observer une focalisation excessive sur ce qui va faire plaisir à l’autre. Une énergie considérable est alors dégagée pour apporter à l’autre ce dont il a besoin de manière régulière, intense, et systématique afin de devenir soi-même indispensable au bonheur de l’autre. De ce fait on garantit la pérennité du lien dont on est dépendant.

Dans les relations de dépendance affective, l’autre en tant qu’individu disparaît au profit du rôle qu’il joue dans la vie du dépendant. L’autre est un outil, un pourvoyeur de bien-être, mais il n’est plus une personne à part entière. Il devient l’objet unique absolu et tout-puissant qui pourra venir combler des besoins excessifs. Quand on arrive au stade où on aime davantage le rôle qu’incarne une personne, que la personne elle-même, alors le déséquilibre est profond. Le besoin de reconnaissance est quasi permanent, il pousse à une recherche de fusion, et de disparition de l’autre en tant qu’individu. La personne dépendante devinent donc forcément narcissique.

Lorsque la personne qui est l’objet de la dépendance ne se comporte pas de la manière attendue, alors, la colère, la rancune, la justice, la violence, la haine remplacent l’amour et finissent par détruire cette relation qui pourtant représente un besoin vital.

Paradoxalement le dépendant affectif détruit la relation dont il est dépendant pour sa propre survie. C’est donc une dynamique d’autodestruction.

La croyance fondamentale d’une personne dépendante affective c’est que sa valeur personnelle et son bonheur ne peut venir que de l’extérieur.

Quels sont les critères reconnaissables d’un dépendant affectif ?

Un certain nombre de critères permette de définir si la personne est vraiment dans un comportement de type pathologique bien juste dans une gestion normale de ses besoins affectifs. Les critères les plus communs sont les suivants :

  • Manque de confiance en soi, en son propre jugement, en ses capacités, et en ses ressources personnelles.
  • Un mal-être profond devant sa solitude.
  • Vivre dans l’illusion d’un amour idéal.
  • Une aliénation de ses propres besoins, envies, désirs.
  • Une mise en priorité de l’autre aux dépens de soi.
  • Une angoisse de la séparation.
  • Une difficulté à s’affirmer devant l’autre, d’exprimer son désaccord.
  • Une hypersensibilité à la critique.
  • Un comportement soumis.
  • Une acceptation d’actes dévalorisants.
  • Une tendance à admirer l’autre, à l’utiliser, ou à le mépriser.
  • Une conception de l’amour ou l’on se dit amoureux de l’autre plus pour ce qu’il nous apporte que pour qui il est.
  • Une absence de prise en considération de ses propres désirs et de ses souhaits.
  • Une soumission à ses propres diktats issus de l’éducation (le devoir prime sur tout le reste)
  • Une recherche de fusion, de rapports profonds, intense, privilégié, voire exclusif.
  • Une violence (psychologique, physique, verbale) apportée dans la relation proportionnelle à la souffrance liée à la dépendance.
  • Une projection permanente dans l’idéal de soi. L’autre devient alors un prétexte à se voir comme étant quelqu’un d’altruiste, de généreux, gentil, dévoué, compatissant, de disponible, etc. afin de flatter sa propre personne, et de se sentir apaisé.
  • une priorisation excessive de la sécurité extérieure qui entraîne à l’oubli de soi.
  • Cette liste loin d’être exhaustive, permet de se rendre compte de l’enfer et de la perversion des relations qui peuvent exister chez une personne atteinte de la pathologie du lien.

En résumé, on peut dire qu’il y a un besoin névrotique de réguler des angoisses profondes de vide, de désamour de soi, de solitude, de profonde impuissance, de ne pas mériter d’être aimé.

A ce moment-là, voir l’amour dans les yeux d’une personne correspond à une espèce de prothèse palliant une atrophie de l’estime de soi.

Les personnes qui sont en manque d’amour personnel ont tendance à voir la croyance suivante : « Si je suis suffisamment généreux, utile, avenant, disponible, empathique, alors je serais aimé. »

Vous pouvez retrouver l’explication de l’origine cette croyance dans l’article intitulé “je t’aime si…”

Quel comportement peut-on observer chez une personne dépendante affective ?

Une personne “dépendante affective” va respecter des règles relationnelles bien définies pour pouvoir garantir le lien avec l’autre.

Ces règles sont les suivantes :

  • Donner (temps, argent, soi-même) quitte à aller jusqu’au sacrifice.
  • Prendre sur soi les problèmes des autres.
  • Se sentir responsable du bien-être de l’autre et de son bonheur. Évitez de s’affirmer afin de ne pas déplaire ou d’être critiqué.
  • Dissimuler au maximum ses propres émotions et ses désirs.
  • Se rendre indispensable.
  • Confondre régulièrement l’être et le faire.

 

Il y en a d’autres bien entendu, ce sont là les plus fréquentes. Elles sont plus rependues qu’on ne le croit, pour autant elles n’en restent pas moins des attitudes problématiques sur le long terme.

Encore une fois, il est important d’insister sur le fait que le besoin d’affection est tout à fait normal, c’est dans la façon excessive dont on appréhende le rapport à l’autre que cela pose problème, et cela se mesure par un non respect de l’ordre de priorité de ses propres besoins.


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