Comment sortir du drame permanent ?

Peut-être avez-vous l’impression que votre vie est une succession de drames ?

Le sort s’acharne-t-il contre vous ?

Peut-être êtes-vous tellement éprouvé par les événements de la vie que vous vous sentez fragile, très fragile, trop fragile ?

Comment sortir du drame permanent ?

 

Peut-être vous êtes-vous rendu compte que certains événements peuvent être interprétés de manière dramatique par certains alors qu’ils vous apparaissent clairement comme étant d’importance mineure ?

Je vous propose d’explorer dans cet article quelques pistes de réflexion concernant ces aspects dramatiques de notre vie qui ont tendance à s’amplifier, à s’enchaîner, dans ce que certains appellent la loi des cascades, ou des séries.

1. Que faire lorsque le sort s’acharne ?

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Bien sûr, comme vous j’ai vécu des périodes où tout semblait s’empirer de jour en jour. La vie était une succession de moments désagréables tous plus problématiques les uns que les autres, et pris dans leur ensemble j’avais la sensation d’être au cœur d’un drame permanent.

Bien sûr que les problèmes arrivent, bien sûr ils sont désagréables, et quand ils se cumulent alors la c’est insupportable !

Les problèmes relationnels, les problèmes financiers, les problèmes de job, les problèmes matériels, les ennuis mécaniques, les factures, les échéances qui tombent, des appareils qui tombent en panne, les achats importants et impératifs à effectuer, votre santé qui se fragilise, vos amis qui ont des problèmes de cancer, de drogue, votre famille avec laquelle vous êtes en conflit, vos enfants qui ne vous adressent pas la parole, vos clients qui désertent votre magasin, etc.

En effet la liste est très longue, très très longue, beaucoup trop longue.

Alors que faire dans ces moments-là ?

Premièrement je vous propose de changer votre façon de voir les choses, en effet les problèmes n’arrivent pas qu’aux autres !

En revanche tout le monde ne les perçoit pas de la même façon. Beaucoup d’entre nous sont persuadés que, lorsqu’ils auront résolu leurs problèmes, ils iront mieux.

En effet, cela semble sensé, pourtant on peut s’interroger sur la pertinence de cette façon de voir… Alors regardons cela de plus près :

Si quand on a résolu un problème on se sent plus léger, (ce qui est souvent vrai sur l’instant), est-ce pour autant que nous n’avons plus aucun problème qui se présente à nous ?

Car à y regarder de plus près on peut toujours trouver des problèmes sur lesquels focaliser son attention, n’êtes-vous pas d’accord avec ça ?

A mon sens, le plus important n’est pas le problème, ni même de trouver la solution, à mon sens le plus important est surtout la façon dont on le regarde.

En effet on peut voir un problème comme étant un obstacle purement et simplement. Ou… on peut voir un problème comme étant une opportunité de puiser dans nos ressources, on peut éveiller la curiosité, on peut s’en servir de tremplin pour grandir.

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La plupart d’entre nous répondraient « oui » si je leur demandais : « est-ce que vous aimez les surprises ? »

Cette réponse est un mensonge, car les seules surprises que nous aimons sont celles que nous désirons, ce que nous trouvons agréable. Les surprises que nous trouvons désagréables, nous les appelons des problèmes. Et sincèrement qui aime les problèmes ?

Le « problème » n’est donc pas tant le problème en lui-même mais bien notre façon de le définir !

Pour parvenir à modifier cette vision, je vous propose de vous répéter régulièrement la phrase suivante :« ce n’est pas lorsque vous aurez résolu votre problème que vous irez mieux, c’est lorsque vous irez mieux que vos problèmes se résoudront. »

C’est bien gentil tout ça mais concrètement comment faire ?

Alors, il me semble urgent de prendre un petit temps de recul.

Lorsqu’on a le nez dans les problèmes, notre première envie est d’agir pour pouvoir sortir de là. Or, avant de se mettre en mouvement, peut-être est-il préférable de s’interroger sur notre position initiale ?

Prendre un petit temps de recul est donc nécessaire avant toute action pour résoudre le problème.

On a beau prendre les étapes les unes après les autres pour résoudre les difficultés les unes après les autres, si on reste dans un état d’esprit de victime, alors on trouvera toujours de nouveaux problèmes !

Ce temps de recul sert donc à sortir de cet état de victime pouvoir retrouver sa sensation de puissance.

De plus on constate souvent que quand on se prend la tête sur un problème, on n’est pas disponible pour le reste. Et à force de se comporter de cette manière, on finit par étouffer ! Lorsqu’on est en apnée on peut résoudre un problème très court, en forçant le passage, comme sur un 100m. Lorsque le problème perdure il faut penser à une gestion à long terme, comme un marathon.

Se tranquilliser sur la notion d’urgence est donc fondamen57570588 - photographer takes photos with mirror camera on peak of rock. dreamy landscape, orange sun at horizontal pour résoudre un problème lorsque le sort s’acharne.

Je ne saurais que trop vous conseiller de faire de la méditation, ou des promenades en nature, de manière régulière.

Votre situation est-elle à ce pointe urgente que vous n’avez pas dix minutes à vous accorder à vous-même par jour ?

 

2. Reconsidérer les choses.

Lorsque vous vivez une succession de drames (décès, perte d’emploi, rupture amoureuse, etc.) votre entourage est souvent présent pour vous soutenir. Ils le font avec toute la bienveillance du monde, et vous proposeront souvent de reconsidérer votre malheur par rapport à d’autres personnes qui ont des malheurs plus grands, cela s’appelle relativiser.

(Quand tu penses qu’il y en a qui se font non seulement plaquer mais en plus dépouiller, t’as de la chance, c’est moi qui te le dis!… ça vous dit quelque chose?)

Même si le fond de cette démarche est plutôt bienveillant, en réalité cela ne nous apporte pas grand-chose. Votre sensation de vivre un drame n’est pas améliorée dès lors que quelqu’un vit un drame encore plus grand, loin de là !

En effet si vous avez un cancer, de savoir que votre voisin a une prostate ne vous aidera pas à guérir plus vite…

la comparaison des souffrances est rarement productive. Votre souffrance est légitime. Votre sensation de vivre un drame est réelle.

L’idée n’est donc pas d’amoindrir votre vision du drame, mais plutôt de considérer cette sensation qui est bien vivante à l’intérieur de vous.

Ce que vit l’autre n’est pas ce que vous vivez vous !

En revanche dans ce que vous vivez, il y a des drames, certes, mais n’y a-t-il que cela ?

 

Comparez votre malheur, 44383625_savec ce qui peut vous donner la sensation de bonheur, permet en effet d’équilibrer ce qui vit à l’intérieur de vous. Cela ne va pas résoudre votre problème, mais cela va vous donner une fenêtre de respiration pour pouvoir trouver l’énergie de résoudre ce qui ne va pas.

Quelle que soit l’importance de ce drame, que ce soit un deuil, que ce soit une faillite financière, que ce soit une maladie grave, comment allez-vous faire pour faire face à ce problème si vous êtes en apnée ? Donc asphyxié, donc paniqué, donc en train de donner de l’énergie dans tous les sens, donc perdu, donc malheureux, donc à ne regarder que ce qui ne va pas, etc.

Lors d’une rupture amoureuse par exemple, un des problèmes majeurs est la sensation d’insignifiance instantanée qui se produit. Ce n’est donc pas tant la fin d’une relation qui pose un problème, c’est plutôt la remise en question de votre estime de vous-même. Comment pouvez-vous vous estimer vous-même si vous êtes soit en train de vous perdre dans des actions dénuées de sens, soit en train de regarder ce qui vous manque ?

Pour pouvoir regagner en estime de vous, la meilleure des choses à faire, c’est d’essayer de porter un regard positif, bienveillant, agréable, constructif, épanouissant, plein de promesses, plein de challenges, sur ce que vous traversez à l’heure actuelle.

3. Changer de perspective de temps.

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Il y a deux façons d’augmenter la sensation dramatique des événements que vous traversez par rapport au temps.

la première est la vision à court terme. Lorsque vous vous sentez en insécurité, votre agence première est d’agir pour vous mettre dans une zone sécurisée. Par exemple si vous avez besoin de manger notre première préoccupation est de vous nourrir. Cela va devenir votre priorité numéro un, et si vous ne trouvez pas de quoi vous alimenter cela va devenir une obsession. Cela veut bien dire que si dans l’immédiat votre sécurité n’est pas assurée, vous déclenchez des fonctions cérébrales vous permettant de focaliser sur votre besoin principal. Dans ces cas-là il est rare de trouver en soi les ressources de l’apaisement qui permettent de mettre le problème en perspective et de se rassurer sur le fait que même si ça n’est pas maintenant, ça viendra de toute façon.

Cette vision de panique à court terme, est souvent liée à une angoisse profonde. Cela peut vous paraître quelque peu tordu, mais je peux vous assurer que cette angoisse de fond est une angoisse de mort. Même dans le cas d’une rupture amoureuse !

En effet on peut avoir l’impression de mourir lorsque l’autre nous ignore, s’éloigne, nous relègue au rang d’insignifiance.

Dans ces cas-là si on s’agite si on s’excite pour récupérer l’attention de l’autre alors très souvent on fait pire que mieux et l’autre s’éloigne encore plus.

Pour résumer lorsqu’on est dans l’urgence, on est en mode réaction, et il est rare que notre façon d’agir dans ces cas-là soit celle qui nous permette d’aboutir au plus grand épanouissement. Cela nous permet de survivre dans l’instant mais rarement d’être épanoui et heureux.

Donc lorsque l’on considère les choses dans un temps très très court, il est fréquent que cela ne fasse qu’amplifier les problèmes.

L’idée est donc de reconsidérer ce qui nous met dans une sensation d’urgence dans une perspective à moyen, ou long terme.

Essayez de le faire en lisant cet article, prenez un problème qui vous tient à cœur et qui vous préoccupe régulièrement en ce moment, essayez de le regarder sur du long terme sur du moyen terme et voyez ce qui passe à l’intérieur de ce que vous respirez mieux, est-ce que vous vous sentez libéré d’un poids, est-ce que vous vous sentez disponible pour ce qu’il y a de beau autour de vous ?

La deuxième façon est assez surprenante. En effet, paradoxalement, pour d’autres types de problèmes, la vision à long terme est anxiogène. En effet lorsque l’on se sent impuissant, dans une impasse, que l’on ne voit pas par quel miracle les choses pourraient s’arranger, alors la vision à long terme correspond à un enfer.

L’échec s’incarne dans cette perspective. La sensation de drame ne peut faire qu’augmenter.

Dans ce genre de situation je ne saurais que trop vous conseiller de rester connecté au présent.

Êtes-vous vraiment en danger là, ici, et maintenant ?

Vous pouvez donc observer que de reconsidérer le problème dans une autre perspective de temps que celle que vous percevez aux primes abord, vous permet de trouver des fenêtres de respiration et de sortir de la notion de drame permanent.

4. Envisager les conséquences.

Lorsque l’on s’enferme dans une vision dramatique de notre quotidien, on est tenté de se placer en victime, et on pose des actes qui bien souvent, malheureusement, ne font qu’amplifier le problème au lieu de le résoudre. Avec un peu de réserve on se rend compte que ce que l’on voudrait faire initialement n’est pas forcément la meilleure option.

Prendre le temps d’envisager les conséquences à la fois de ses actes, mais aussi de sa façon de penser, sur la suite des événements permet également de sortir du drame.55031290 - block.

Par exemple : lorsque vous êtes en désaccord avec une personne proche de vous, en famille ou avec des collègues, cette situation à court terme est désagréable, certes. Mais à long terme elle peut s’avérer très constructive !

Au cours de cette conversation, où le désaccord s’exprime, vous pouvez choisir de manifester votre inconfort par un haussement de ton, une accélération du rythme de parole, bref par l’expression d’une colère liée à ce désaccord.

Ou bien vous pouvez envisager les conséquences de ce haussement de ton, de cette impasse relationnelle dans laquelle vous vous engouffrez, en exprimant votre colère.

Un peu de clairvoyance dans ces moments-là peut vous permettre d’envisager de remettre cette conversation à plus tard. Cela ne veut pas dire s’écraser devant l’autre, ou se manquer d’estime personnelle, cela veut juste dire qu’à ce moment-là les conséquences de vos actes vous seront préjudiciables à vous-même !

De la même manière si vous avez un problème d’argent, et que vous focalisez sur votre problème d’argent, que vous n’envisagez que le manque, et que cette façon de voir les choses vous poursuit jour après jour, comment pouvez-vous imaginer qu’au fil des jours votre situation s’arrange ?

La conséquence d’une pensée qui tourne en boucle autour d’un problème est bien évidemment le renforcement de ce problème. Envisager les conséquences à long terme, à moyen terme, ou à court terme des actes que l’on pose, des pensées que l’on entretient, permet de mettre en perspective la vision de sa vie comme étant dramatique… ou pleine d’espoir !

En conclusion :

ce n’est pas tant le drame que vous traversez qui est problématique, mais bien le fait d’avoir l’impression de ne pas pouvoir sortir de cette vision dramatique des choses qui pose problème.

Alors, soyez curieux, prenez le temps de vous découvrir vous-même, et à moins que votre sécurité physique ne soit véritablement remise en question, ce que vous traversez ne représente pas un réel danger.

Bien sûr cela n’amoindrira pas le chagrin, la difficulté, la pénibilité des tâches à accomplir, ou la souffrance émotionnelle que vous pourrez traverser, mais cela pourra vous permettre de relativiser par rapport à vous-même l’importance de ce que vous vivez.

Je vous invite donc à vous répéter cette phrase le plus régulièrement possible : « ce que je traverse est fortement désagréable mais ça n’est pas dangereux ! ».

 


Si vous voulez qu’on regarde ensemble votre situation, n’hésitez pas à me contacter

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1 Comment

  1. Je ne sais pas par où commencer ou bien où écrire alors je dirai juste ceci ici en attendant. Des choses, je pensais en avoir appris pas mal. À la maison, à l’école, au travail, j’étais tellement sure de mes capacités à observer, à analyser, à discerner ce que je souhaitais rejeter ou reproduire que lorsque le monde s’écroulait, et il s’était déjà écroulé deux ou trois fois, je n’aurais jamais pensé que ça avait rapport avec moi. Quand je t’ai contacté je cherchais “seulement” de l’aide, et au final tu m’as enseigné la chose la plus importante jusqu’à maintenant (ouais ouais rien que ça): ralentir et m’écouter, comprendre qu’à travers chaque pensée et chaque émotion, c’est moi qui donnait un sens au monde. Encore mieux, tu m’as montré comment je pouvais décider de quel sens je lui donnais. Merci infiniment Quentin, de m’avoir aidée à passer de caillou à papillon, de flaque à rivière, de flan à cigogne pour rester dans la métaphore douteuse bref, plus jamais bloquée, et pour toujours en mouvement. To me you’re the best et plus important encore, je sais que tu le seras pour beaucoup, beaucoup d’autres personnes. With love and gratitude xx

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